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Pour quoi voter ? Pourquoi ne pas voter ?

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Tous les cinq ans la farce recommence, et les figures changent peu. Dans le rôle du principal bonimenteur, Sarkozy récite la litanie de son changement personnel, de sa prise de conscience, quitte à désavouer une nouvelle fois, en apparence, sa propre politique.

Baguenaudant dans des perspectives idéologiques similaires, Le Pen, aidée des médias complaisants, est devenue « Marine », un personnage fréquentable que la proximité et la complicité faussement implicite permettrait d’appeler par son prénom. Et dans le role d’opposant, Mélenchon en bon tribun, réjouit ou exaspère par son verbe acéré et ses coups d’éclat, rejouant un populisme de gauche.

Quelques soient les costumes dont ils se parent, quelques soient les accessoires dont ils usent, tous les candidats à l’élection présidentielle restent les portes paroles de groupes sociaux dont les intérêts économiques sont identiques : par delà les antagonismes affichés, les affaires continuent de tourner en coulisses.

Le spectacle est bon, il est bien réglé, et pourrait être divertissant s’il était sans conséquence. Mais le grotesque masque l’abject. Cette énième crise systémique du capitalisme, s’ajoutant à une politique gouvernementale des caisses vides, met à nu l’aliénation que constitue le travail salarié lorsqu’il n’est plus transfiguré par les maigres consolations des « acquis sociaux » (retraites, aides et sécurité sociales). Sans plus aucune retenue la classe dominante étale son mépris des masses laborieuses et se vautre dans les scandales, alors que les travailleurs, maintenus et muselés par des lois de plus en plus liberticides, ne semblent avoir qu’une solution : voter, se taire, et subir.

Si la proclamation du suffrage universel masculin (1848) accompagne l’entrée du mouvement ouvrier dans la politique, elle signe paradoxalement la fin des illusions des branches révolutionnaires de ce mouvement : le vote désignant comme tout premier président de la République, Louis Napoléon Bonaparte, champion de la bourgeoisie conservatrice, les élections ne mèneront à aucune avancée pour les travailleurs.

Depuis, le parlementarisme n’a été que l’affaire des classes aisées : le principe de compétition électorale, la professionnalisation à outrance de l’activité politique concourent à la perpétuation de cette domination. Le cumul dans le temps et le cumul des mandats, qui permettent la concentration de pouvoir personnel, les avantages auxquels donnent droit le métier d’« élu », et la forme même du mandat représentatif (opposé au mandat impératif) rendent vaine toute volonté de changement par l’action électorale.

Aussi plutôt que de légitimer une nouvelle fois un système basé sur la reproduction des inégalités, il est vital, pour les travailleurs, de décapiter le capitalisme, dépassant la molle indignation servile, et d’oeuvrer par l’action directe pour la réalisation d’une société libre reposant sur la distribution de toutes les richesses produites selon les besoins, dans le cadre autogestionnaire d’une démocratie directe.

 

Sans électeurs, pas d’élus.

Puisque l’élection légitime la dépossession de la souveraineté, soyez responsables, luttez !

Puisque personne ne travaille pour toi, que personne ne décide pour toi

CNT-AIT : qui sommes-nous ?

La Confédération Nationale du Travail (créée à Paris en 1946) est la section française de l’Association Internationale des Travailleurs fondée en 1922-23, en opposition aux Internationales dites d’Amsterdam (réformiste) et de Moscou (bolchevique).
La CNT-AIT est une organisation se référant à l’anarchosyndicalisme qui trouve son origine dans le mouvement ouvrier révolutionnaire et son affirmation de la lutte des classes (l’antagonisme irréconciliable entre le Travail et le Capital).

Dans sa théorie et sa pratique, l’anarchosyndicalisme se veut globaliste ; il pose comme principe directeur l’interaction et l’interpénétration entre eux des phénomènes économiques, politiques et sociaux. Ces phénomènes sont liés et ne résultent que de la seule praxis des hommes et des femmes qui font l’Histoire.

L’anarchosyndicalisme est anti-étatique car la fonction de l’État est de maintenir la domination d’une classe sociale sur une autre classe, actuellement celle des nantis (bourgeois, capitalistes, rentiers, patrons, bureaucrates et technocrates…) sur la classe des exploités ; a contrario les zélateurs de l’État pensent qu’il est la garantie suprême de l’intérêt général, il serait même indépassable.
L’État est par nature coercitif et dispose d’appareils répressifs (justice, police, armée) et idéologiques (partis politiques, syndicats-réformistes, médias, école, organismes culturels et sportifs…), tous ces appareils nous encadrent du berceau à la tombe : « la vie est un enjeu politique » (biopolitique). L’État est devenu hypertrophié et il n’a guère besoin pour le moment de recourir à une violence physique massive, vue la soumission à son ordre.

L’anarchosyndicalisme est anti-parlementariste (Sénat, Assemblée Nationale, collectivités territoriales, comités d’entreprises et autres organismes) et prétend que le fondement d’une véritable démocratie ne saurait être ni la délégation de pouvoir, ni l’artifice du vote majoritaire.
D’autre part, le parlementarisme et sa machinerie institutionnelle sont également le lieu de la collaboration de classe : être soit-disant un “partenaire” du dialogue social auprès des nantis.
Cette machinerie institutionnelle possède la capacité de se détacher et de s’autonomiser du reste de la société, en se pérennisant par un recrutement dans les hautes écoles, contribuant par là-même au népotisme – cette machinerie institutionnelle glorifie la domination avec l’alibi de sa légitimité.

L’anarchosyndicalisme est anti-capitaliste. Dans le mode de production capitaliste, nous sommes réduit à l’état de marchandise et subissons l’exploitation : nous sommes obligés de vendre notre force de travail pour assurer la satisfaction de nos besoins fondamentaux.
En effet, les capitalistes, détenant les moyens de production, tirent de notre travail (non rémunéré ou « surtravail ») la plus-value, dont la finalité est de valoriser le capital et d’accroitre le profit, le capital s’accumulant toujours au détriment de la classe des exploités : la contrepartie est chômage, précarité, maladies, misère, famine, guerre, désastres économiques et écologiques…
Certes, les capitalistes octroient des miettes pour que nous nous abrutissions dans le divertissement (le spectacle, si l’on préfère) et l’opium de la consommation à crédit (soupape ayant permis de maintenir le système jusqu’à ce jour).

L’anarchosyndicalisme vise l’abolition de l’État, du parlementarisme et du capitalisme pour leur substituer une société des égaux où le triomphe du « communisme libre » (rien à voir avec le fascisme rouge de l’URSS et son capitalisme d’État).
Au nom de la justice sociale, le communisme libre repose sur cette théorie de la répartition égalitaire de toutes les richesses produites pour les besoins de la communauté, dans le cadre d’une démocratie directe.

L’anarchosyndicalisme défend la mise en place des « conseils », dont l’idée émane de la Première Internationale notamment de son aile bakouniniste (et fut mise en pratique pendant le soulèvement parisien de 1871) : ils seraient les organes d’une fédération des communes libres et autonomes à une échelle mondiale.

Par conséquent, l’anarchosyndicalisme rejette toutes les frontières politiques et nationales arbitrairement fixées des États-nations : il affirme l’universalisme libertaire. L’anarchosyndicalisme se défie des luttes de libération nationale et régionale, n’y voyant que le champ clos des rivalités entre les nantis qui s’affrontent pour assurer l’expansion de leur privilèges respectifs. Les nationalismes ne font qu’illustrer les contradictions dans lesquelles sont confrontés les nantis. En même temps, nationalisme et régionalisme servent d’arme pour annihiler la conscience des intérêts de classe des exploité-e-s et des opprimé-e-s.

Pour lutter, l’anarchosyndicalisme promeut au quotidien l’action directe : c’est-à-dire agir par et pour soi-même, « sans Dieu, ni Maître ». L’action directe est donc l’acquisition d’une éducation pour acquérir son autonomie. L’action directe forge une trempe d’hommes et de femmes sachant défendre leurs intérêts de classe.
Ces hommes et ces femmes structurent « la résistance populaire autonome », comme phase dynamique d’une grève générale pouvant établir le communisme libre.

« Nous allons recevoir le monde en héritage. La bourgeoisie peut bien faire sauter et démolir son monde à elle avant de quitter la scène de l’Histoire. Nous portons un monde nouveau dans nos cœurs. » (Buenaventura Durruti)